Katzav A, Solodeev I, Brodsky O, Chapman J, Pick CG, Blank M, Zhang W, Reichlin M, Shoenfeld Y.
Induction of autoimmune depression in mice by anti-ribosomal P antibodies via the limbic system.
Arthritis Rheum. 2007;56:938-48

Les auteurs utilisent 140 souris pour étudier le rôle des auto-Ac anti-P sur les atteintes neuropsychiatriques du LED par injection intracérebroventriculaire de ces auto-Ac chez ces animaux d'expérience. Ils concluent que les auto-Ac anti-P sont responsables de depressions chez les animaux utilisés.
Différentes expériences sur différents groupes sont réalisées. Groupes recevant les Ac anti-P et groupes temoins recevant dans les mêmes conditions des IgG, groupes identiques aux précédants, mais traités par des antidépresseurs (Fluoxétine chlorhydrate, Halopéridol), enfin, groupe où le transfert fait appel à un mélange anti-P/anti-idiotype des anti-P.
Les souris de ces groupes sont testées pour la présence d'une dépression, de troubles moteurs ou cognitifs. Seul une dépression est constatée par le test du "forced swimming". Il consiste à déposer une souris pendant 6 minutes dans un récipient de verre contenant de l'eau . L'observation est faite au bout de 2 minutes, puis après 4 et 6 minutes. La souris nage puis s'immobilise, ce temps d'immobilisation est plus long si la souris est déprimée, ce qui se passe chez les souris injectées par les les anti-P (figure 1).
L'étude de la fixation in vitro sur des coupes au cryostat de cerveau de souris normales, montre la localisation des Ac anti-P immunopurifiés de lupiques au niveau de l'hippocampe, du cortex cingulate, et du cortex piriforme olfactif (figure 2). Des liaisons entre les aires du cortex dédiées à l'olfaction et la dépression ont été rapportées dans la littérature.
Cette expérimentation qui introduit les anti-P au niveau du cerveau n'est pas un argument pour justifier les articles qui constatent une association entre anti-P sérique et atteintes neoropsychiatriques du LED. En revanche, elle peut être un soutient pour les résultats de Yoshio et coll. (2005) qui indiquent que seuls les anti-P du LCR sont associés aux troubles neuropsychiatrique.
Pourquoi de telles discordances ?
Les méthodes de détection des anti-P ne peuvent être en cause, car elles sont au point et de réalisation aisée. C'est sans doute les difficultés du diagnostic des atteintes neuropsychiatriques qui expliquent les résultats variés et opposés des articles sur ce sujet.

J.C. Monier