ANTICORPS ANTI-GANGLIOSIDES
R.L. HUMBEL- F. BENKHADRA
(LLIP)
La présence d'anticorps anti-gangliosides s'observe dans un groupe d'affections neurologiques aiguës ou chroniques caractérisées surtout par une atteinte des fonctions motrices, plus rarement sensitives.
Les gangliosides constituent une vaste famille de glycosphingolipides abondamment distribués dans le système nerveux. Ils sont composés de différentes chaînes oligosaccharidiques formées de galactose, de N-acétylgalactosamine, de glucose et d'acide sialique, liées à une partie lipidique, le céramide (Figure 1). Il existe plus d'une centaine de gangliosides qui diffèrent par leur composition en sucres ainsi que le nombre et la position des résidus d'acide sialique. Les anticorps anti-gangliosides réagissent avec des épitopes exprimés sur les régions sucrées des gangliosides. Les variations au niveau de la structure moléculaire de ces régions rendent compte de l'existence d'un grand nombre d'anticorps différents avec des spécificités très variées (Figure 2). Etant donné que des mêmes structures peuvent êtres présentes simultanément au niveau de différents gangliosides, les anticorps sont souvent polyspécifiques, c'est-àdire qu'ils reconnaissent plusieurs variétés de gangliosides. Il est dès lors essentiel de rechercher les anticorps anti-gangliosides contre différents gangliosides pour réaliser un profil le plus complet possible. C'est tout l'avantage des méthodes basées sur l'immunodot, qui permettent de réaliser, en une seule étape, un profil complet des anticorps (Figure 3).
ANTICORPS ANTI-GANGLIOSIDES EN PATHOLOGIE NEUROLOGIQUE
Des titres élevés d'anticorps anti-gangliosides sont associés à une variété de maladies neurologiques et il existe une bonne corrélation entre le type d'atteinte neurologique et la spécificité des anticorps anti-gangliosides (Tableau). D'autre part, il existe une liaison entre la nature isotopique des anticorps et l'évolution de l'atteinte neurologique. Les anticorps anti-gangliosides de l'isotope IgM sont associés aux neuropathies chroniques alors que ceux appartenant à l'isotope IgG s'observent dans les neuropathies aiguës. Ces dernières sont fréquemment dues à une infection en particulier une entérite à Campylobacter jejuni.