MISE AU POINT SUR LES ANTICORPS ANTI-DFS70
Marqueurs du stress oxydatif ?
Il s'agit d'un anticorps antinucléaire qui a reçu l'appellation de DFS (Dense Fine Speckled) 70 à cause de l'aspect particulier que l'on observe en immunofluorescence sur les cellules HEp-2 couramment utilisées pour la recherche des anticorps antinucléaires et « 70 » pour le poids moléculaire (70 kDa) de la protéine reconnue par ces anticorps.
Par la suite, il a été démontré que cette protéine correspondait à un polypeptide décrit sous le nom de LEDGF (pour Lens Epithelium Derived Growth Factor). Cette protéine est présente dans le noyau de toutes les cellules et dans la chromatine des cellules en mitose. Elle semble douée de multiples fonctions, la plus importante étant la protection de la cellule contre le stress oxydatif. Le signal de stress active l'expression du gène DFS 70 résultant en une stimulation de la synthèse de la protéine. Celle-ci, à son tour, active l'expression des protéines de stress qui régulent l'environnement redox cellulaire et protègent les cellules contre le stress oxydatif.
L'hyperproduction de la protéine DFS70 entraîne, chez certains sujets prédisposés, le développement d'une réponse immunologique avec production d'anticorps anti-DFS70. Il semblerait que les sujets appartenant aux groupes HLA-DRB1, -DQ1B1 et -DPB1 répondent plus facilement à cette stimulation immunologique en produisant des anticorps anti-DFS70.
Le stress oxydatif peut exister dans de nombreuses situations pathologiques (inflammation, cancer) mais également chez le sujet apparemment sain. C'est pourquoi les anticorps anti-DFS70 ne sont spécifiques d'aucune maladie particulière et ils peuvent apparaître chez le sujet normal, traduisant l'existence d'un stress oxydatif.
Prof.René-Louis Humbel
LLIP